Toiture Végétale
Le principe de la toiture végétale (aussi : toit
vert ou toit végétalisé) existe depuis
la préhistoire. Il consiste à recouvrir d'un
substrat végétalisé un toit plat ou
à faible pente (jusqu'à 35° et rarement
plus, au-delà, on parlera de mur
végétalisé).
De nombreuses expériences conduites en Europe (depuis les
années 1970 surtout en Allemagne, Pays-Bas, Suisse, pays
scandinaves, et depuis peu en Belgique, France, etc.) ont
montré que pour des objectifs esthétiques ou de
durabilité, comme dans la perspective de restauration ou
protection de la biodiversité et de l'Environnement en
milieu urbain (en particulier concernant la qualité de l'air
et l'atténuation des îlots de chaleur urbaine ),
l’aménagement d’un «
écotoit » se révélait
intéressant.
Plusieurs entreprises spécialisées ont mis au
point des systèmes complets de verdissement des toitures,
fiables et performants. Elles proposent toutes sortes de
systèmes, allant des tapis
pré-végétalisés
à la station d'arrosage automatisée.
L’intégration d’un toit vert dans le
bâtiment sera d’autant mieux réussie si
elle est envisagée dès la conception du
bâtiment, mais elle est toutefois réalisable sur
des constructions déjà existantes.
Les coûts d’entretien et surcoûts de
construction sont faibles, en comparaison des services rendus,
particulièrement pour les terrasses plantées en
extensif qui ne nécessitent qu’un nettoyage annuel
des écoulements, aucun arrosage et un entretien
très réduit. Cette technique, qui est
parfaitement au point et relativement aisée à
mettre en place, ne provoque pas l’altération du
bâtiment. Au contraire, la stabilité et
l’étanchéité des toitures
végétalisées sont
supérieures aux toitures plates classiques.
Histoire de la "Toiture Végétale"
Historiquement, la construction de toitures
végétales se fait de manière
traditionnelle dans plusieurs pays scandinaves et européens.
Le principe utilisé depuis des millénaires dans
la zone paléarctique, qui fait encore partie des traditions
des Amérindiens d'Amérique du Nord, est le
suivant :
Un épais mélange de terre et de
végétaux herbacés enracinés
permettait de réaliser des toitures relativement bien
isolées, étanches à l'air et
à l'eau, résistantes au vent et au feu, le tout
se faisant avec des matériaux facilement disponibles
localement. Ces lourdes toitures exigent de solides charpentes et une
couche protectrice placée entre la partie
végétalisée et la charpente afin que
cette dernière ne pourrisse pas. Pour ce faire, on utilise
traditionnellement par exemple des tuiles de bois peu putrescibles, ou
plus souvent des plaques d'écorce
déroulée de bouleau. La construction moderne
utilise des bâches spéciales en matière
plastique (avec feutre antiracine le cas-échéant)
ou des éléments étanches
thermosoudés ou collés non métalliques.
Allemagne
Grâce aux aides gouvernementales, les Allemands de l'Ouest
furent les pionniers des toits végétaux modernes
dès les années 1960. Durant les années
1995 à 2005, environ 10 % des toits allemands nouvellement
construits ont été
végétalisés. Dans certaines villes
(Hambourg, Stuttgart), durant un certain temps, le surcoût a
été remboursé ou fortement
subventionné par la commune, qui y trouvait son
intérêt, ces toitures lui évitant
d'agrandir les égouts devenus trop petits pour absorber le
ruissellement lié aux fortes pluies sur des sols de plus en
plus imperméabilisés ; grâce au pouvoir
« tampon » du substrat
végétalisé sur les pluies.
Des fabricants allemands vendent les garages directement fournis avec
leur terrasse ou toiture végétalisée.
Aujourd'hui, un système de points « bonus
» accorde une réduction de taxe environnementale
aux promoteurs immobiliers qui utilisent les toits
végétaux. Les assureurs allemands notent que les
terrasses végétalisées sont moins
sources de sinistres que celles couvertes de goudron ou de cailloux,
car le bâtiment subit des chocs thermiques très
atténués.
Canada
Au Canada, les projets commerciaux et résidentiels incluant
des toits végétaux sont encore peu nombreux (une
vingtaine au Québec), mais les produits et l'expertise sont
maintenant disponibles. Il y aurait, parmi les baby-boomers, une
certaine popularité des toits-jardins, sortes de
prés fleuris pour condominium ou appartement de ville.
Parmi les toitures végétalisées les
plus connues, on note celles du Mountain Equipment Co-op de Toronto et
des Pavillons Lassonde, de l'École polytechnique de
Montréal, du 740 Bel-Air, les locaux de la gendarmerie
royale du Canada, le Cégep de Rosemont et la
bibliothèque de Bromont à Montréal. La
bibliothèque publique de Vancouver possède au
dessus du neuvième étage un jardin de 1 850
m², conçu par la paysagiste Conelia H. Oberland en
1995.
Japon
Au Japon, la ville de Tokyo exige que toute construction occupant plus
de 10 000 pieds carrés de terrain soit couverte de
végétaux sur 20 % de sa surface.
États-Unis
Les toits « vivants » ne sont pas une
nouveauté aux USA. Dans la seconde moitié du XIXe
siècle des mottes de gazon de la grande prairie
américaine recouvraient souvent les maisons. Aux
États-Unis d'Amérique, les toitures vertes ont
longtemps été associées à
des concepts marginaux d'architecture bio-climatique, enfouie et
recouverte de terre. Cette architecture d'abri anti-atomique n'avait
pas connu une grande popularité. La venue de nouveaux
systèmes de culture plus légers et les nouveaux
enjeux environnementaux ont relancé
l'intérêt pour ces toitures. On parle maintenant
de toitures durables qui ajoutent une qualité de vie aux
immeubles résidentiels urbains. L'association Green Roofs
for Healthy Cities regroupe des paysagistes qui encouragent
l'aménagement de toitures végétales.
Le maire Richard M. Daley a fait de Chicago la première
ville d'Amérique du Nord en matière de
« toits verts » grâce à des
incitations fiscales qui ont été mises en place
depuis le début des années 2000. Ils se
développent également dans
l'agglomération et l'état de New York qui
subventionne ces projets.
France
La France a pris un certain retard par rapport à ses voisins.
Depuis 2006, la ville de Paris rend le mur et/ou la toiture
végétalisé(s) obligatoire(s) si une
demande de permis de construire ne prévoit pas un taux
suffisant d’espaces
végétalisés au sol.
Début 2007, on compte à Paris, plus de 40 murs
pignons végétalisés.
Suisse
Orpins, insectes et oiseaux colonisent le toit d'un hôpital
de Bâle, en Suisse. La végétation y est
obligatoire sur tout nouveau toit plat.
Autriche
En Autriche, comme en Suisse ou en Allemagne, des lois locales rendent
les toits verts obligatoires sur les toitures présentant une
inclinaison propice.
Avantages de la "Toiture Végétale"
La mise en place de ces terrasses et toitures plantées
présente un certain nombre d’avantages parmi
lesquels certains sont d’utilité publique. Les
avantages des toitures végétales sont
destinés tant aux propriétaires qu'à
la société dans son ensemble.
Intérêt écologique et
sanitaire
* La fixation des poussières
atmosphériques et des pollens.
L’évapotranspiration engendrée par les
terrasses plantées élève
l’humidité de l’air et favorise donc la
formation de rosée, indispensable à la fixation
des poussières et des pollens en suspension dans
l’air. Les particules de plomb, de carbone, les
matières organiques particulaires ou de faible
densité sont fixées dans le substrat ou
nourrissent les bactéries, plantes et insectes qui
s’y développent.
* Une diminution des taux de CO et CO2,
pour plus d’oxygène produit.
* Une augmentation de la superficie
disponible en espace de nature sauvage ou non, accessible ou non, mais
aussi le cas échéant en espace de loisirs, ce qui
soulagera les milieux naturels surfréquentés,
tout en diminuant le trafic et ses nuisances.
* Des effets
bénéfiques sur le climat, les microclimats,
l’hygrométrie, et donc sur la santé et
le bien-être des habitants. L’écotoit
permet de récupérer une partie de la surface
perdue, à cause de l’occupation du sol par le
bâtiment, par les espaces verts.
* De nombreux effets
bénéfiques sur la biodiversité. La vie
sauvage retrouve des habitats, des équilibres naturels se
recréent. Sur les terrasses extensivement
végétalisées, les plantes les plus
adaptées sont les plantes de milieux secs et oligotrophes
qui sont justement menacées de disparition à
cause de l’eutrophisation générale des
milieux. Les cortèges faunistiques associés
trouvent ainsi des îlots où leur survie est
possible.
On peut
également associer un rucher à la toiture
végétalisée, ce qui permet notamment
la réintroduction des abeilles en ville, indispensables
à la pollinisation des végétaux.
* La reconstitution d’un
véritable maillage écologique et de corridors,
qui autorisent au sein de la ville la circulation des
espèces animales et végétales, les
flux de gènes indispensables à la survie des
espèces et à leur adaptation au milieu.
* Les villes sont toujours plus chaudes
que les campagnes adjacentes. Le réchauffement excessif des
toitures, du béton, de l'asphalte des rues et de la
maçonnerie extérieure des murs
réchauffe l'air environnant de quelques degrés
supplémentaires. En Amérique du Nord, la
température estivale moyenne dans les villes a
augmenté durant les dix dernières
années ajoutant encore à l'inconfort et aux
malaises dus à la chaleur.
Selon une
étude du Ministère canadien de l'Environnement,
la présence de toitures vertes sur seulement 6 % des toits
des villes canadiennes ferait descendre la température
d'environ 1,5°C et ferait ainsi économiser
près de 5 % des coûts de climatisation dans tous
les immeubles climatisés des villes.
* Un impact très positif sur
l’eau avec une filtration et une épuration
biologique des eaux de pluies par complexation, par exemple, des
métaux lourds dans le substrat.
* Une régulation des
débits hydriques. Les toitures représentent
jusqu'à 20 % des surfaces de nos villes. Les eaux de pluies
qui tombent sur les toits sont ensuite acheminées vers les
égouts pluviaux. Ceci surcharge les égouts et les
stations d'épuration d'eau tout en causant parfois des
inondations de sous-sols. À l’image
d’une éponge, la toiture
végétalisée accumule l’eau
dont une partie est utilisée par les plantes, une autre est
évaporée et une autre
évacuée par les canalisations avec un retard
favorisant le bon écoulement. Les toitures et terrasses
plantées, par leur capacité de
rétention, d’évaporation et de
relargage différé des eaux de pluies contribuent
à lutter contre les effets néfastes de
l’imperméabilisation des sols, à savoir
: augmentation constante des débits de pointe, engorgement
des réseaux d’assainissement en période
crue, afflux de pollutions métalliques et organiques
après les orages, etc.
Annuellement, un
toit végétal pourrait absorber jusqu'à
50 % de la quantité d'eau tombant sur les toits, permettant
ainsi une réduction des coûts de traitement de
l'eau de 5 à 10 %.
Impact de la "Toiture Végétale"
Impact technique de la toiture végétale
Un impact technique sur la durabilité et le confort du
bâtiment. En effet, les toitures
végétalisées offrent :
* Une protection sur
l’étanchéité
assurée par le fait que les matériaux
imperméabilisants résistent plus longtemps
à l’abri des ultraviolets (UV) et du rayonnement
thermique solaire. En effet, la dégradation des membranes
est principalement due à la chaleur. Celle-ci
dégrade les huiles du bitume
élastomère qui devient alors plus cassant.
Finalement, le substrat bloque aussi les rayons UV qui sont
responsables d’environ 5 % du vieillissement des membranes.
De plus, l’écotoit constitue une
barrière contre les intempéries. Ces actions
combinées permettent d’espérer une
durée de 30 à 50 ans pour la membrane
d’étanchéité.
* Une protection contre les chocs
thermiques (pluie froide sur les toitures chaudes) dont
bénéficie le bâtiment
(réduction des contraintes mécaniques) et ses
occupants. Les toitures végétalisées
permettent une réduction des variations de
température jusqu’à 40 %.
* Une inertie thermique permettant de
réaliser d’importantes économies
d’énergie. Une membrane de toiture
exposée au soleil peut atteindre une température
de surface de 65 °C alors que la même membrane
recouverte de végétaux demeure à une
température de 15 à 20 °C. La
température de la toiture influence la
température intérieure d’un logement et
donc les besoins de climatisation. Une toiture couverte de
végétaux et de son substrat de culture (une terre
légère) réduit aussi sensiblement les
pertes de chaleur en hiver, mais cet impact est moindre que celui de la
climatisation.
* Une isolation phonique : la terre
végétalisée est un des meilleurs
isolants acoustiques, elle absorbe les ondes sonores. Elles permettent
notamment de diminuer les bruits de l’environnement urbain.
Un substrat de 12 cm d’épaisseur peut
réduire les bruits aériens de près de
40 dB. Un avantage non négligeable dans les secteurs
survolés par des avions à basse altitude.
Impact paysager de la "Toiture Végétale"
Judicieusement conçues, les toitures
végétalisées redonnent aux villes,
notamment industrielles, une indéniable valeur
esthétique et valorisent l’habitat en offrant une
bonne solution pour que le bâtiment
s’intègre dans son environnement.
Impact sur la santé de la "Toiture
Végétale"
Amélioration de la qualité de l’air
(hygrométrie, poussières, toxiques). La
végétation supplémentaire
apportée par les toits végétaux
crée un apport d'oxygène dans les villes tout en
filtrant bon nombre de polluants atmosphériques tels le
dioxyde de soufre ou l'oxyde d'azote. De plus, les
végétaux retiennent la poussière et
réduisent la quantité de particules en suspension
dans l'air.
Impact social de la "Toiture Végétale"
Les toitures végétalisées contribuent
à rendre la ville plus « calme », moins
stressante. Les habitants retrouvent une certaine harmonie
urbanisme-nature.
Coût et impacts économiques
Selon le CSTB, en 2008 et en France ;
* La terrasse-jardin est plus
chère (150 à 300 €/m2).
* le complexe
étanchéité +
végétalisation extensive coûte de 45
à 100 € le m2 (selon la surface, la pente, les
végétaux choisis et les éventuels
travaux de renforcement, soit un surcout apparent de 45€/m2.
En réalité l'allongement de durée de
vie de l’étanchéité rend
à long terme cette solution moins couteuse qu'un toit de
tuile ou d'ardoise.
Sur les toits verts, le substrat et la végétation
servent d'isolant thermique. Les températures y fluctuent
modérément, réduisant
jusqu'à 20 % les coûts de chauffage ou de
refroidissement des immeubles situés en dessous.
De plus, les écotoits contribuent secondairement
à une réduction des dépenses de
santé, de nettoyage (des poussières dans la rue
par exemple, qui, en raison de leur quantité et de leur
relative toxicité commencent à poser des
problèmes d’élimination et de
stockage), des dépenses d’entretien et de
réparation dues aux inondations, aux pollutions dues aux
crues subites engendrées par
l’imperméabilisation des sols, aux
dysfonctionnements des réseaux d’eaux pluviales ou
d’égout, des stations
d’épuration, etc.
L'ajout d'un toit végétal offre parfois une aire
extérieure additionnelle aux occupants, ce qui en zone
urbaine ajoute une plus-value pour la vente ou la location. Pour les
édifices à bureaux, le toit-terrasse vert ajoute
du prestige aux entreprises qui y ont un accès direct. Cet
espace vert extérieur devient un reflet de l'engagement
social et/ou environnemental de l'entreprise. L'espace vert
extérieur crée aussi un climat propice aux
rencontres et aux bonnes relations entre les employés.
Pour un bâtiment public (école, lieu de travail,
etc.), les coûts sont aussi compensés par le fait
qu'un tel environnement augmente la productivité de ses
occupants de 5 à 15 %, tandis que la construction
représente 2 % des coûts à long terme
et la masse salariale, 92 % (le 6 % restant est pour l'exploitation du
bâtiment).
Des restrictions importantes
L'ajout d'un substrat de culture et de végétaux
nécessite une structure suffisamment forte du toit, une
étanchéité parfaite, une pente
relativement faible et un accès facile pour l'entretien
durant les premières années...
Éléments d'un toit vert
Un toit vert ou végétal est constitué
essentiellement de cinq composantes. En partant du support de toit, on
retrouve :
* la structure portante.
* une couche
d'étanchéité. Une barrière
antiracines et une membrane
d'étanchéité séparent le
système du toit vivant du bâtiment
isolé qui se trouve en dessous.
* une couche éventuelle de
drainage et de filtration. En cas d'excédent d'eau, une
couche de réservoirs ou de galets la filtre puis elle se
déverse dans une canalisation. Pendant les
périodes sèches, l'eau stockée remonte
vers les racines.
* un substrat de croissance. La terre
naturelle devient trop lourde quand elle se gorge d'eau. Les
architectes des toits verts utilisent un substrat.
* une couche
végétale si l'on recherche un aspect
engazonné ou de type prairie, ou une couche d'un substrat
léger, pauvre et absorbant type mélange de billes
d'argile expansée ou d'ardoise expansée, sans
engrais dans lequel on plantera surtout des plantes succulentes, de
type sédums. Les sédums stockent l'eau, absorbent
les pluies qui ruisselleraient sur un toit plat ordinaire.
L'épanouissement des plantes du toit
végétal prend quelques années.
Structure portante
Elle peut être en béton, acier ou bois et doit
supporter le poids de l’installation prévue qui
peut doubler voire tripler lorsqu'elle est gorgée d'eau en
cas de pluie ou de fonte de la neige accumulée.
Le toit peut être plat ou incliné (35° au
maximum). Il est recommandé de construire des terrasses avec
une pente minimale de 1 à 2 %, pour diminuer
l’épaisseur de la couche drainante et donc le
poids de la structure.
Étanchéité
Comme pour toute toiture, elle est essentielle. L'importance de la
couche d'étanchéité ne doit jamais
être sous-estimée ; une terrasse
végétalisée bien faite fuit beaucoup
moins que si elle ne l'était pas, mais les coûts
de réparation d'une fuite sont souvent au moins
doublés comparés aux toitures-terrasses
classiques. Le complexe isolant doit être
résistant à la compression et aux racines.
Les membranes bitumineuses SBS (éventuellement APP) sont les
plus adaptées, mais dans leurs versions "anti-racine"
uniquement. Elles offrent une épaisseur plus importante que
leurs sœurs synthétiques et présentent
moins de problème de recyclage selon leurs promoteurs.
L'application en deux couches d'une membrane anti-racine est
recommandée.
Il est aussi possible de mettre en oeuvre des
étanchéités en polyoléfine
dites TPO ou FPO (cartouche éthylène
propylène + polypropylène) , le caoutchouc
synthétique (EPDM) et le PVC.
Les choix des espèces, le type de drainage
(barrière composée d’une couche
d’air) et l’entretien régulier rendent
inutile le traitement herbicide inclus dans le bitume. Cependant, la
réglementation exige l’ajout d’une
couche anti-racine car les fabricants
d’étanchéité utilisent du
bitume qui est une base "attirant" les racines.
Les essais faits en Allemagne par le FLL sont les meilleurs indicateurs
de performance des systèmes disponibles en Europe.
Remarque : Selon l'épaisseur et le type de substrat et le
climat local, certaines plantes doivent être proscrites. Ceux
qui veulent favoriser la biodiversité chercheront
à y favoriser les espèces plus locales, mais
adaptées à ces « milieux
extrêmes » très secs et chauds au plus
fort de l'été et exposés aux chocs
thermiques de forte amplitude.
Les rouleaux «
pré-végétalisés »
peuvent être réenroulés pour
contrôle ou réparation de
l'étanchéité. Certaines terrasses sont
couvertes de plantes en godets qu'on peut enlever ou
déplacer.
La couche de drainage et de filtration
Selon l'inclinaison de toit, la résistance de la structure
portante et l'épaisseur et la nature du substrat, une couche
drainante peut être mise en oeuvre. C'est le plus souvent du
polyéthylène gaufré qui
crée un espace de drainage d'environ 10 mm de hauteur
dirigeant l'eau de pluie vers le drain du toit ou vers les
gouttières extérieures. Pour éviter
son colmatage par des particules du sol/substrat, il est
éventuellement possible de lui adjoindre un filtre
géotextile non-tissé qui retient les fines
particules du sol et laisse l'eau s'égoutter. Ce
géotextile absorbe aussi l'eau qui la traverse, offrant un
milieu humide pour les racines des plantes. Cependant, le
non-tissé offre peu de résistance aux racines qui
le pénètrent en réduisant son
efficacité. On le recouvre donc
généralement encore d'un autre
géotextile traité anti-racine.
Le substrat de croissance [modifier]
Le substrat doit être léger et
résistant à la compaction tout en retenant l'eau.
Sa composition est généralement un
mélange de terre et/ou de compost
végétal de feuilles ou d'écorces
mélangé à des agrégats de
pierres légères et absorbantes (pierre ponce,
matériau expansé, éventuellement
récupération de déchets de tuiles
broyés..) ayant un diamètre de 3 à 12
mm. Les agrégats représentent un volume variant
de 40 à 70 % du substrat de culture en fonction de
l'épaisseur de substrat, de l'irrigation (si engazonnement)
et du type de culture souhaité. L'épaisseur
totale du substrat peut ainsi être réduite
à seulement 10 cm d'épaisseur, voire moins pour
les rouleaux prévégétalisés
de sédums. 15 cm est en zone tempérée
l'épaisseur minimale convenant aux plantes très
résistantes au gel. 15 cm sont nécessaires pour
bénéficier d'une plus grande
variété de plantes.
Ses capacités de rétention en eau, de
perméabilité, de résistance
à l’érosion, de densité
conditionnent le bon fonctionnement du système.
Pour les toitures de graminées, les architectes paysagistes
ont longtemps recommandé un minimum de 30 cm de terre sur
les toits végétaux, mais la terre devient
très lourde lorsqu'elle est saturée d'eau
(environ 1,6 tonne par mètre cube, ou 160 kg par
mètre carré pour une épaisseur de 10
cm) avec des risques de dommages à
l'étanchéité et à la
structure d'un immeuble classique si elle n'a pas
été soigneusement renforcée. Le milieu
étant moins favorable aux vers de terre, la terre tend
à se compacter, évacuant l'oxygène
nécessaire à la survie des plantes. Les erreurs
passées incitent à attacher la plus grande
importance au substrat qui doit permettre la vie des plantes, sans
recherche de productivité (laquelle demanderait un entretien
accru).
La couche végétale
Techniquement, toutes les plantes peuvent pousser sur les toits mais
certaines peuvent nécessiter des soins constants pour les
préserver d'un soleil permanent, du gel et des grands vents.
Dans la plupart des cas, la végétation ne sera
qu’herbacée ou arbustive. Elle sera choisie en
fonction du climat de la région, de
l’ensoleillement, de la pente du toit, de
l'épaisseur du substrat, etc. De manière
générale, on devrait privilégier des
plantes vivaces et indigènes très
résistantes aux températures extrêmes
et qui s'implanteront rapidement pour couvrir les surfaces de sol afin
de réduire son assèchement par le soleil et le
vent. Les plantes couvre-sols ont aussi l'avantage de laisser peu de
place aux herbes sauvages ou indésirables et de
réduire l'entretien. Les plantes alpines et
rudérales conviennent parfaitement à cet usage.
Les plantes à privilégier peuvent être :
* Plantes fleuries : les origans ; les
alliums de petite taille comme la ciboulette , qui offre aussi
l'avantage d'être un condiment ; un mélange de
fleurs des champs pour créer un pré fleuri ; le
gazon d'Espagne ou armérie maritime (Armeria maritima) ; les
iris nain comme l'iris Pumila ; les campanules, les
centaurées, etc.
* Couvre-sols : les œillets ;
les gypsophiles ; les sedums ; les thyms, etc.
* Graminés : les
fétuque et particulièrement la fétuque
bleue (Festuca glauca) et fétuque améthyste
(Festuca amethystina) particulièrement compact et
décoratives.
* Plantes vertes : les iberis comme la
corbeille d'argent (Iberis sempervirens) ; les armoises, etc.
Plantation extensive ou intensive
Selon l'épaisseur de substrat et le degré
d'arrosage souhaité, on pourra faire une plantation de type
extensive, semi-extensive ou intensive.
Plantation extensive
Il s'agit d'un type de plantation sur substrat de 10 à 15 cm
d'épaisseur qu'on ne veut pas nécessairement
arroser, sauf éventuellement en cas de sécheresse
prolongée. Cette plantation utilise surtout des couvre-sols
très rustiques capables de supporter des
sécheresses et qui prennent rapidement de l'expansion pour
ombrager le sol et le stabiliser par leurs racines. Son substrat de
culture contiendra jusqu'à 70 % d'agrégats
poreux, en volume, afin de conserver le plus d'eau possible.
Plantation semi-extensive
C'est aussi une plantation de faible épaisseur (15 cm) ayant
généralement un système d'arrosage
automatique goutte-à-goutte se faisant par petits conduits
situés sous le substrat de culture entre le
géotextile filtrant et le géotextile anti-racine.
Voilà pourquoi le géotextile filtrant doit aussi
être un géotextile absorbant. Il absorbe les
gouttes d'eau pour humidifier les racines sans réduire leur
oxygénation. Ce système est aussi très
économe en eau, ne créant presque pas
d'évaporation. Ce type de culture peut mélanger
les couvre-sols, les plantes à fleurs ou à
feuillage, les légumes et même de petits arbustes
ou des grimpants comme la vigne vierge ou le chèvrefeuille.
Le substrat d'une culture semi-extensive est
généralement composé d'environ 50 %
d'agrégats poreux.
Plantation intensive
C'est un type de culture dans des bacs pouvant faire jusqu'à
1 ou 2 mètres de profondeur. La culture intensive peut
permettre la culture d'arbres tels les arbres fruitiers
décoratifs ou nains. De manière
générale, il est recommandé de leur
poser des haubans pour résister aux grands vents. Ces
systèmes devraient toujours être munis d'arrosage
automatique pour assurer la survie des arbres. Le volume
d'agrégats est souvent réduit à 40 %
pour faire place à plus d'éléments
nutritifs.
Inconvénients de la "Toiture
Végétale"
Ces terrasses nécessitent une bonne
étanchéité et sont mal
adaptées aux toits à forte pente. Les terrasses
extensives peuvent convenir presque partout, mais une
végétation arborée
nécessite une charpente ou une dalle
surdimensionnée, selon le type d'arbre et le poids de terre
que l'on voudra y disposer. Dans ce dernier cas un système
d'arrosage peut être nécessaire en
période sèche et chaude. Il y a aussi la question
du budget : le prix est en moyenne 4 à 5 fois plus cher
qu'un toit normal. Cependant, des discussions sont en cours pour une
remise de "bonus écologique" qui rendrait ce projet
accessible à tous.